Demandeur d'emploi

Depuis quelques temps, l'expression demandeur d'emploi a totalement remplacé "chômeur" dans le vocabulaire administratif, institutionnel politique. "Chômeur" était trop connoté négativement voyez-vous. C'est vrai quoi, un chômeur c'est un pauvre mec qui a perdu son boulot et qui profite du système pour se la couler douce en touchant son chômage. D'ailleurs c'est à se demander s'il n'a pas un peu fait exprès de le perdre son job, le bougre.

Parce que bon, évidemment, on sait tous que le chômeur est un glandeur. Ce n'est pas moi qui le dit mais son étymologie! Et oui, "chômage" vient du latin caumare et signifie "se reposer pendant la chaleur brûlante". En gros, un chômeur c'est le type qui veut rester à glander durant l'été en buvant des cocktails à la plage. Quand on vous dit que c'est un fénéant. Une vraie cigale.

Or donc exit le chômeur et bienvenue au demandeur d'emploi! Lui déjà il fait quelque chose: il demande de l'emploi. Il ne passe pas ses journées avachi devant la télé à attendre qu'un bon job lui tombe dessus. Non, il court d'entreprises en entreprises voir si on a du travail à lui offrir. Oui à lui offrir parce que lui il demande à ce qu'on le lui offre, le travail, hein! Important ça de souligner un peu sa faiblesse sinon ça ne fonctionne pas. Il faut bien qu'il se sente quand même un peu merdeux pour être motiver à accepter plus ou moins n'importe quelle offre d'emploi justement. Parce que bon soyons clair, ce n'est pas non plus une quête façon Saint Graal avec de preux chevaliers mais plutôt façon Notre Dame de la Charité, que cette recherche d'emploi.

Le demandeur d'emploi est un donc un être actif, responsable de sa quête d'un nouvel emploi qui lui permettra de se réinsérer dans le marché du travail. Il est aussi responsable de sa "non-trouvaille", et ça c'est rudement pratique! Pas pour lui bien sûr. Mais pensez donc, s'il ne trouve pas c'est soit qu'il a mal demandé soit qu'il demande quelque chose que personne ne peut, hélas, lui offrir. Ou alors oui mais pour moins cher et avec moins de vacances et sans payer les heures supplémentaires. Et qu'il s'estime déjà heureux d'une telle offre grâce à laquelle il pourra arrêter de demander.